
Durant l’année scolaire 2006/2007, cinq photographes du collectif Temps Machine ont été accueillis en résidence d’artiste au lycée Jean Guéhenno de Fougères en Ille-et-Vilaine.
De manière cohérente et homogène, cinq séries de vingt photographies ont été réalisées dans le but de dresser un véritable portrait contemporain d’une structure en pleine évolution.

« Les images présentées sont le fruit d’un travail mené durant quatre semaines entre janvier et avril 2004. Accueilli en résidence dans le cadre du festival C’est dans la vallée, j’ai souhaité prendre l’intitulé du festival au mot et travailler sur la notion d’appartenance à la région du Val-d’Argent.
Lors de mon premier séjour à Sainte-Marie-aux-Mines, j’ai été frappé par la qualité iconique du paysage, la façon dont la ville semble préservée. Les différents endroits qui figurent dans cette exposition me sont apparus comme autant de décors, de toiles peintes.
Je les ai photographiés de manière frontale, systématiquement, ainsi que ceux qui, en les habitant leur donnent vie, comme autant de moments de l’histoire de la vallée.
J’ai cherché à donner à voir les multiples facettes du lien pouvant exister entre un individu et l’endroit où il vit. L’objectif étant de travailler à la fois sur le lieu géographique et la notion de territoire intime. »
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« Maison des Oblats de Pontmain. Ces hommes sont d’anciens missionnaires ou prêtres ouvriers, actuellement en retraite. Je leur ai demandé de méditer, de prier, en ma présence.
Ce travail fut permis grâce à la résidence d’artiste du Centre d’Art Contemporain de Pontmain, mars-avril 2008. »

« Les personnes photographiées sont handicapées et n’ont pas ou peu l’usage de la parole. Leur gestuelle particulière est une expression de leur personnalité, ces gestes énigmatiques semblent issus d’univers imaginaires et poétiques.
Les “expressions non verbales” présentées sont celles où les corps s’immobilisent. Ces arrêts résonnent comme autant d’absence où les corps seraient vidés de leurs âmes.»

«En lisant un texte de Sorj Chalandon parue dans un ouvrage photographique « Avoir 20 ans à Belfast », je découvre que les accords de paix du Vendredi saint (1) ont été signés le 10 avril 1998. Je me souviens des journaux télévisés de mon enfance qui traitaient chaque jours du conflit…
Je décide alors de partir à la rencontre des habitants de Derry, ville du « Bloody Sunday » et fief de l’IRA (2), pour documenter ces premières années d’une paix qui demeure encore fragile. Les portraits sont enregistrés par l’appareil photographique, et les témoignages sont recueillis à l’aide d’un dictaphone. Chaque témoin, catholique ou protestant, républicain ou loyaliste, partisan de la paix ou acteur des « troubles » s’exprime sur le même sujet et répond à la même question : quel est pour vous l’avenir de l’Irlande du Nord ?
Ces interviews m’ont permis de parcourir les rues de Derry à la recherche des différentes évolutions visuelles apparues ces dix dernières années : en 2004, les miradors de surveillance autour des ghettos catholiques étaient toujours en service. Deux ans plus tard, ils ont laissé la place à plusieurs terrains vagues entourés de grillages. Aujourd’hui, la police circule toujours en véhicule blindé, et l’armée britannique vient à peine de quitter le pays…»
(1) Accord signé entre le Premier ministre britannique Tony Blair et Bertie Ahern, son homologue irlandais, qui met fin à trente ans de guerre civile en Irlande du Nord.

Dans une Europe de l’Est marquée par de profonds bouleversements politiques, c’est en décembre 1989 que la Roumanie, par une insurrection populaire et au prix de violents combats, voit le régime de Ceausescu chuter.
Du haut de mes onze ans, les médias français m’ont à l’époque permis de vivre cette révolution à distance sans savoir qu’un jour, je vivrai une histoire particulière avec ce pays.
Au printemps 1990, en classe de français nous apprenons que notre classe a été choisie pour participer à des échanges linguistiques avec de jeunes écoliers roumains. Surpris, intrigués mais tous curieux de pouvoir connaître d’autres jeunes gens nous écrivons chacun consciencieusement une lettre présentant notre personne et notre entourage. C’est ainsi qu’à l’automne 1990 je reçois une petite enveloppe, jaune, en provenance de Roumanie. J’ai été choisi…
Mon correspondant se prénomme Catalin. Il habite Constanta, a 13 ans, est élève en huitième, a une sœur de deux ans son aînée, adore le français et « rêve de silence, de prospérité et de paix ».
Au fil des années et des correspondances en français nous apprenons à nous connaître, à comparer nos styles de vies, nos connaissances et nos goûts.
Lettres égarées, nouvelles amitiés… après une dizaine d’années, cette correspondance prend fin.
Les années ont passé. Les souvenirs toujours présents, à l’aube d’un nouveau siècle, je sens le désir de reprendre contact. Lui écrire ? Me déplacer ?
2005 sera alors l’année d’un premier départ pour Constanta, à la recherche de Catalin ; celui que je n’ai jamais rencontré, celui dont je ne connais rien de sa vie actuelle, celui qui n’est pas prévenu de mon voyage.
Où est-il ? Que fait-il ? À quoi ressemble le pays de ses origines ?
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